Mes yeux piquent et pourtant je n’ai pas envie d’aller me coucher. J’ai trop chaud. Je devrais peut-être aller me rouler dans la neige, ça me rafraîchirait les idées. En attendant, j’ai lu. Avec voracité. Je n’avais pas lu avec tant d’appétit depuis… euh… l’humidité des nuits sur les falaises de Cornouaille dans L’Auberge de la Jamaïque de Daphné du Maurier. Roman que je relirais bien du reste. Là, il s’agit de Journal d’une grosse repentie de Sonia Dubois, ouvert en début de soirée et fini il y a quelques minutes. Dès les premières lignes j’ai compris ce qu’elle voulait dire. Bon, d’accord, je n’ai pas eu une mère qui m’a gavée, je ne suis pas “rubricarde” à la télé et je n’ai jamais atteint les 130kg, mais ça n’empêche que j’ai compris. Peut-être qu’il y a des rondes qui s’assument, voire mieux, qui s’aiment. Mais nous ne sommes pas toutes dans ce cas. Loin de là. J’ai quelques doutes sur la réelle efficacité de ses bandes glacées au menthol et au camphre (vu le peu de calories qu’elle était autorisée à ingérer c’est pas étonnant qu’elle ait perdu si vite), mais j’admire son parcours. Je n’ai pas encore eu le courage de le suivre. Ou le déclic, comme elle le dit. Enfin le déclic je l’ai déjà eu il y a deux ans, après une crise d’hyperphagie qui m’a fait me rendre si mal que je me suis dit que je ne pouvais pas continuer. Et j’ai perdu très vite. J’étais motivée, et surtout j’étais dans un environnement très stimulant. Mais j’ai foiré ma phase de stabilisation, et j’ai recommencé à compenser avec la bouffe et j’ai replongé dans la dépression. Depuis, plus de déclic. Une partie de moi se dit que je ne suis plus capable de faire cet effort. Pas très pratique de trouver une motivation quand on part battue d’avance. J’ai décidé que ça allait changer, déclic ou pas. Je vais remplacer mes compensations actuelles par d’autres, moins caloriques et surtout plus bénéfiques. Je vais me remettre à écrire, comme avant. Pas de l’écriture publique. De l’écriture pour moi. Sur un PC, mais pour moi quand même. Et je vais peindre. Depuis le temps que j’en ai envie, ce serait bien que je m’y mette. Quand la saison sera venue et que les frimas de l’hiver ne seront plus qu’un souvenir, je jardinerai. Pour de vrai. Fini mon jardin post-apocalytpique. L’été prochain, je veux profiter du jardin sans chardon. Et je vais continuer de cette façon. Trouver d’autres addictions, d’autres points d’ancrage pour en finir avec mes comportements auto-destructeurs.
Alors voilà. Même s’il n’y a aucune chance pour qu’elle passe un jour ici, je voulais le lui dire : merci Sonia. Tu m’as donné l’envie de recommencer, et de rentrer à nouveau dans mon 501. (et mon vieux 517 déchiré)
Maintenant, au lit.
PS à moi-même : humpf, la fatigue n’aide pas à écrire des choses cohérentes…
